Alternariose pomme de terre : diagnostic, traitements et lutte préventive

L’alternariose de la pomme de terre se diagnostique par des taches brunes à anneaux concentriques.

  • Anneaux concentriques en aspect de cible sur les feuilles.
  • Attaque d’abord les étages inférieurs du feuillage.
  • Taches brunes déprimées sur tubercules, surtout au stockage.
  • Ne pas confondre avec le mildiou, confusion fréquente au champ.
  • Traitements positionnés en deuxième phase de croissance.
  • Pertes de 5 à 20 %, jusqu’à plus de 50 %.

Moyens de lutte et traitements contre l’alternariose

Traitements fongicides homologués contre l’alternariose

  • Fongicides double usage mildiou : certaines spécialités protègent simultanément contre les deux maladies, comme Revus®Top.
  • Spécialités autorisées alternariose : vérifiez l’usage « alternariose » explicitement mentionné sur l’étiquette avant tout achat.
  • Alternance matières actives : changez de famille chimique à chaque passage pour freiner les résistances.
  • Respect délais avant récolte : le délai légal varie selon la spécialité, contrôlez-le systématiquement.

Stratégie de traitement et mesures agronomiques complémentaires

L’alternariose est une maladie multifactorielle : aucun fongicide ne suffit seul à contenir l’épidémie. Le retrait du mancozèbe de nombreuses formulations a rendu la protection plus délicate ces dernières saisons, car cette matière active offrait une couverture large et économique. Il faut donc compenser par une stratégie rigoureuse plutôt que par une intensification des traitements.

La maladie s’exprime surtout pendant la deuxième phase de croissance de la pomme de terre, ce qui permet de positionner les applications au bon moment. Deux leviers agronomiques complètent efficacement les fongicides.

Premièrement, éliminez les débris de culture en fin de saison : ils constituent le principal réservoir d’inoculum pour la campagne suivante. Deuxièmement, limitez tous les stress subis par la plante, qu’il s’agisse de sécheresse, de carences nutritionnelles ou d’attaques d’insectes, car un feuillage affaibli est bien plus vulnérable.

Pensez également à choisir des variétés moins sensibles, disponibles sur le marché. En cas d’attaque précoce, les pertes de rendement oscillent entre 5 et 20 %, et dépassent parfois 50 % dans les parcelles les plus touchées. Une intervention tardive, une fois les taches installées, réduit fortement l’efficacité des produits.

Symptômes et diagnostic de l’alternariose

alternariose pomme de terre

Symptômes foliaires et sur tubercules

  • Taches nécrotiques brunes de taille et de forme variables sur les feuilles
  • Anneaux concentriques bien visibles sur les taches les plus développées
  • Attaque des étages inférieurs du feuillage, souvent après la floraison
  • Taches brunes déprimées sur tubercules, visibles surtout au stockage

Sur les feuilles, l’alternariose se manifeste d’abord par de petites taches brunes qui s’élargissent et se creusent d’anneaux concentriques, donnant un aspect en cible caractéristique. Les lésions démarrent sur les feuilles les plus basses, puis remontent progressivement. Une sénescence précoce peut gagner la plante entière.

Sur les tubercules, la maladie provoque des taches brunes déprimées qui apparaissent surtout pendant le stockage. Ces lésions restent parfois discrètes à la récolte et ne se révèlent qu’après plusieurs semaines de conservation.

Distinguer l’alternariose du mildiou au champ

La confusion est fréquente au champ, car les deux maladies touchent le feuillage de la pomme de terre. Un indice décisif : l’alternariose dessine des cercles concentriques bien nets dans les taches, alors que le mildiou forme des plages humides sans structure circulaire.

Autre différence : le mildiou progresse souvent par temps frais et humide avec un feutrage blanc au revers des feuilles. L’alternariose préfère une alternance de chaud sec et humide et s’exprime surtout en deuxième phase de croissance, jusqu’à la fin de végétation. En cas de doute, retournez la feuille : l’absence de duvet blanchâtre oriente vers l’alternariose.

Qu’est-ce que l’alternariose de la pomme de terre ?

L’alternariose est une maladie fongique causée par des champignons du genre Alternaria. En France, deux espèces affectent la pomme de terre : Alternaria solani, l’agent pathogène principal, et Alternaria alternata. Contrairement au mildiou, cette maladie reste moins connue des jardiniers et des producteurs.

Elle s’exprime généralement en deuxième phase de croissance, puis s’installe jusqu’à la fin de végétation. Les pertes de rendement atteignent 5 à 20 % en cas d’attaque précoce, et peuvent dépasser 50 % dans certains cas sévères.

Le champignon hiverne dans les débris de culture et le sol, puis contamine les plants dès que les conditions deviennent favorables. Une alternance chaud et sec avec des périodes humides constitue le contexte idéal à son développement.

Lutte préventive contre l’alternariose

La maladie s’exprime surtout pendant la deuxième phase de croissance, jusqu’à la fin de végétation. Une alternance de temps chaud et sec puis humide constitue la condition la plus favorable à son développement, ce qui en fait un facteur aggravant dans un contexte d’évolution climatique.

Comme la lutte est commune avec celle du mildiou, plusieurs spécialités fongicides disposent d’une autorisation double usage. Cette logique simplifie le raisonnement : une protection bien positionnée contre le mildiou couvre souvent aussi l’alternariose.

L’usage du mancozèbe étant devenu moins systématique, la surveillance doit rester soutenue aux périodes à risque. La prophylaxie passe par l’élimination des débris de culture, le choix de variétés moins sensibles et la limitation des stress liés à la sécheresse, aux insectes et aux carences.

Traitements biologiques et naturels contre l’alternariose

Pour le jardinier amateur, la lutte contre l’alternariose repose sur une combinaison de produits autorisés en agriculture biologique et de bonnes pratiques culturales. L’objectif est double : freiner l’agent pathogène principal, Alternaria solani, et casser les conditions favorables à sa progression. Rappelons que les taches noires et rondes apparaissent d’abord sur les feuilles les plus basses, puis remontent le long de la plante, ce qui impose d’intervenir tôt et de façon régulière.

Produits et méthodes naturelles

  • Produits à base de cuivre : autorisés en bio, ils freinent la germination des spores sur le feuillage.
  • Extraits de plantes fongicides : prêle, ortie ou huile essentielle de tea tree en pulvérisation préventive.
  • Rotation des cultures longue : au moins trois ans sans solanacées pour épuiser l’inoculum du sol.
  • Aération et densité réduite : espacez les plants et supprimez le feuillage bas pour limiter l’humidité stagnante.

Pourquoi ces solutions restent limitées

Les solutions naturelles agissent surtout en prévention. Une fois la maladie installée et les taches bien étendues, leur efficacité chute rapidement. Il faut donc les positionner avant les premières atteintes, généralement dès la deuxième phase de croissance de la pomme de terre, quand le feuillage se referme et que les épisodes alternant chaud sec et humide deviennent fréquents.

Ces méthodes conviennent bien aux petites surfaces et aux potagers. Sur une grande parcelle, elles servent surtout de complément aux stratégies fongicides classiques, sans pouvoir les remplacer à elles seules.

Réduire les facteurs de stress

Un plant affaibli résiste moins bien. Maintenez une irrigation régulière sans mouiller le feuillage, surveillez les pucerons et insectes qui affaiblissent les pieds, et corrigez les carences notamment en azote et potassium. Ces gestes simples ralentissent nettement l’expression de la maladie.

Autres maladies de la pomme de terre

L’alternariose n’est jamais seule au champ. Le mildiou reste la maladie la plus connue et la plus redoutée, capable de détruire une parcelle entière en quelques jours. Le rhizoctone cause des dommages variables selon le stade de la culture, sans symptômes visibles en végétation. Plusieurs maladies associées sont fréquentes sur une même parcelle.

Un écart de protection, même court, peut coûter cher : les pertes se comptent en jours et peuvent être considérables. La destruction complète d’une parcelle reste possible en cas de pression forte et de traitement tardif.

Surveiller le feuillage régulièrement reste la meilleure assurance : identifier tôt une maladie permet d’adapter la protection fongicide avant que les dégâts ne deviennent irréversibles.